Ravel.Alma.

 » Il était un hôte singulier et intéressant. Il habita trois semaines seul avec moi dans ma petite demeure viennoise et y dirigea même les répétitions de ses concerts. Nous prenions souvent seuls notre maigre repas (cela se passait tout juste après la guerre et la famine sévissait presque). J’avais donc tout le temps de l’étudier. C’était un Narcisse. Il rapportait tout à son physique et à sa grande beauté. Bien qu’il fût petit, son corps était si bien proportionné que sa silhouette élégante et légère était d’une remarquable harmonie.
Il prenait un vif plaisir à jouer un rôle inquiétant. C’était un masque de perversion singulière que portaient en ce temps-là, à Paris, les jeunes musiciens cultivés, comme par exemple Darius Milhaud. Mais seulement en manière d’amusement et il en était sans doute de même de Ravel. Car c’était un homme de culture et de sensibilité raffinée comme Milhaud, Poulenc, et tous nos amis du groupe de musiciens français modernes.
Ravel se plaisait à porter des vêtements de taffetas éclatants qu’il exhibait le matin, lorsqu’il apparaissait chez moi, fardé et parfumé, pour le petit déjeuner.  »

Ma vie. Alma Mahler.

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